Je discutais il y a peu avec une amie,
oui, celle là, de l'inspiration, d'ou ça vient, comment on l'apprivoise, ce genre de choses.

Aprés avoir plus ou moins dit que d'avoir vécu des périodes difficile, voire d'être en plein dedans, insuffle des textes forts et que le bonheur finalement donne une encre moins riche, je reviens dessus.
Pour plusieurs raisons, dèjà en relisant ce que j'écris depuis des années, je m'apperçois que, heureuse ou malheureuse, l'inspiration n'a jamais manqué, de plus j'ai écrit des choses tristes en étant heureuse, et surtout, surtout, même au fond de la déprime la plus grise, j'ai écrit des choses heureuses, gaies, légères. Donc même appliquée à moi même, ma recette de l'inspiration ne tient pas.
Le lendemain de la dite discution, j'ai reçu un mail du Monsieur de la dame en question avec un très joli texte qui expose très bien ce que je ressens après cette réflexion. C'est de Grand Corps Malade et ç'est tellement joli qu'il faut
aller voir.Voilà, la souffrance, le désespoir, ça peut nourrir du noir et aussi toutes les couleurs de l'arc en ciel, les gens heureux aussi ont une histoire, et on ne s'y ennuie pas nécéssairement.
Dernière pierre à ma réflexion, un commentaire de
Bergère (comme je crâne depuis que le Jardinier m'a appris à faire les liens!) sur "Encore un peu de Prévert?" et la discussion qui s'en est suivie : ce qui est joli, coloré, naïf (en tout cas à première lecture) ce qui "s'enfante dans le bonheur", a tout autant de valeur que ce qui est noir, sombre et torturé, c'est à dire ni plus ni moins que le talent de qui tient la plume.
Pour exemple, Prévert (oui encore lui, je suis un brin monomaniaque par moments), le grand braconnier de la poésie, est tout aussi saisissant avec "Pour faire le portrait d'un enfant" que "La complainte du fusillé".